Au cours des années 70, Anneliese Michel, jeune étudiante allemande se dit possédée par des démons.
Les nombreux exorcismes qu'elle a dû subir ont eu raison d'elle et elle décède au terme de plusieurs mois de privations.

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Début 1978 débute un procès qui passionne l'Allemagne, mais qui au delà du niveau national est suivi par nombre de chrétiens dans le monde : les parents et les deux prêtres exorcistes qui se sont penchés sur le cas d'Anneliese se retrouvent sur le banc des accusés.
La tâche est d'autant plus ardue pour les juges, car un acquittement officialiserait le terme de possession démoniaque dans le code civil.
Les accusés sont, au terme d'un procès houleux, condamné à 6 mois de prison.

Anneliese voit le jour en Bavière le 21 septembre 1951 . La famille est alors un modèle typique de ce années-là: papa travaille et ne montre pas son affection pour ses 4 filles. Maman, elle, éduque les filles et s'occupe de la maison tandis que papa prend toutes les décisions importantes : de plus, elle est très empreinte de religiosité, piétée qu'elle inculquera à ses filles et particulièrement à Anneliese, perméable à l'influence de sa mère.

A l'age de 16 ans, elle commence a ressentir les premiers troubles. Elle est agitée par des spasmes plus ou moins violents, tremble sans raison. Lors des crises les plus graves elle perd le contrôle de son corps.
Elle est menée finalement au médecin de famille qui diagnostique une épilepsie.

En raison de ses crises et de son état mental (elle souffrait en effet de dépression due a ses crises et au manque de sommeil associé) elle est admise à l'hôpital pour y être suivie un an durant. Elle rentre finalement chez elle avec un traitement qui, croit-on, va mettre un terme à ses crises. Mais il n'en est rien et celles-ci sont de plus en plus intenses : Anneliese souffre de forte douleurss, de spasmes musculaires, ne dort plus et ne s'alimente que peu. A cela s'ajoutent des visons démoniaques, notamment des « visages grimaçants ». De plus, elle entend des voix qui lui promettent la damnation éternelle.
A sa sortie, elle n'est toujours pas guéri mais reprend toutefois le chemin de l'école.

Anneliese et sa mère prient tous les jours, s'entourent d'objets saints, Anneliese pratique les génuflexions à un rythme effréné et quasi-compulsif (jusqu' à 200 ou 300 fois de suite), ce qui lui provoque une rupture des ligaments.
Tout ceci en vain, les crises continuant à la hanter.
Anneliese et sa mère en sont alors convaincues : la jeune femme est possédée et à besoin d'un exorcisme.
Nous sommes alors en 1973, plusieurs prêtres sont consultés, mais aucun ne pense que la jeune femme puisse être possédée car elle n'en présente pas les symptômes.
Selon eux, son cas est strictement neurologique. Anneliese, qui jugeait son traitement médical inefficace, refusa dès lors de le suivre.
Toutefois en 1974, un prêtre nommé Joseph Alt accepte d'examiner Anneliese, mais n'obtient pas l'autorisation de pratiquer le grand exorcisme.

Les crises deviennent alors, de plus en plus terribles et impressionnantes : elle se met à rejeter les symboles chrétiens tels les crucifix où les peintures représentant Jésus-Christ. Aux spasmes et crises de tremblement s'ajoutent d'autres symptômes, elle devient violente, agressive et emploie un langage ordurier que sa famille ne lui connaissait pas.
Elle régresse, ne mange presque plus si ce n'est des insectes ou ses propres déjections, dort a même le sol dans sa propre urine.
Devant la gravité de la situation, l'évêque de Wuzburg donne finalement son feu vert à l'exorcisme.

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Anneliese et sa mère

 


Durant les cérémonies d'exorcisme, plusieurs « démons » s'expriment par l'entremise d'Anneliese : Caïn (qui selon la bible tua son frère Abel), Néron, Judas Iscariote,  Adolf Hitler ou encore un prêtre défroqué.
Les séances s’enchaînent à un rythme effréné (deux par semaine) et sont éprouvantes : elle hurle, bat les prêtres et sa famille, mord, a des spasmes si violents qu'il faut trois hommes solides pour la maîtriser.

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Après une séance d'exorcisme


Elle ne mange ni ne boit plus car les démons l'en empêcheraient et, de surcroît, Anneliese souffre de pneumonie.Elle s’étiole peu  à peu.
Le rituel dure plus d'un an, jusqu' au 30 juin 1976 précisément  puisque elle décèdera le 1er juillet : épuisée, émaciée, elle meurt des faits combinés de destination, de malnutrition et de pneumonie.
Une enquête est alors diligentée par le procureur et les parents d'Anneliese furent inculpés pour négligence grave ayant entraîné la mort.
Après l’enquête, le procès débute finalement en 1978.
Les parents d'Anneliese sont défendus par un ténor du barreau et le prêtre Jospeh Alt ainsi que l'un de ses confrères qui l'avait assisté. Ces derniers sont défendus par un avocat payé par l’Église.
Toute la difficulté du procès est de savoir si la justice doit reconnaître ou non la possession démoniaque car la décision aurait donné lieu à une jurisprudence et la justice était un peu frileuse. Selon les accusés, l'exorcisme était légal en Allemagne et Anneliese fut libérée de ses démons avant de mourir.
Selon l'accusation et les médecins venus témoigner, les séances d'exorcisme ont eu raison d'Anneliese et un traitement adapté l'aurait soignée .

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Un peu avant sa mort

 


L'autopsie d'Anneliese révélera que son cerveau ne présentait aucune tumeur, lésion ou anomalie. Durant le procès, il fut remarqué que les traitements à base d'antidépresseurs qu'elle suivit, associés à sa faiblesse générale, auraient pu exacerber ses troubles. Les enregistrements audios furent diffusés en guise de preuve. On peut entendre Anneliese atteindre des émissions vocales qui, selon la défense, sont hors d'atteinte d'une femme. Enfin, toujours selon la défense, l'odeur pestilentielle émanant de la jeune femme était une preuve supplémentaire de son infection par les démons. Finalement, les accusés furent condamnés à 6 mois de prison pour négligence grave ayant entraîné la mort. Les parents d'Anneliese obtinrent que l'on déterrât son corps pour le placer dans un cercueil de meilleure facture que celui dans lequel elle fut mise en terre.

 

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A lire:

La Vérité sur l'exorcisme d'Anneliese Michel, de Félicitas D. Goodman

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A voir:

L'Exorcisme d'Emily Rose, de Scott Derrickson

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 Requiem, de Hans-Christian Schmid

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